LA NEIGE

Pour affronter la neige, le motard sait que la principale chance qu’il ait de rester sur ses roues réside dans le fait qu’il lui vaut mieux s’abstenir de prendre la route. Cependant nous sommes parfois devant le fait accompli pendant un trajet.


Lorsqu’on se trouve dans cette situation délicate il est bon d’avoir la meilleure analyse possible pour savoir ce qui est réalisable ou non. Les questions essentielles à se poser sont :

*Le trajet emprunté est-il connu ?

*Est-ce le jour ou la nuit ?

*Le trajet comporte-t-il de forts dénivelés ?

*Où en est l’état de la chaussée enneigée :

– petite couche de neige qui laisse juste une surface légèrement blanchie

– épaisse couche de neige (présence déjà d’ornières créées par les voitures) ?

*Le gel a-t-il fait son apparition (ciel dégagé ou couvert) ?

*Continue-t-il à neiger ?


Après avoir pris en compte l’ensemble de ces éléments, vous pourrez, en connaissance de cause, choisir de poursuivre votre trajet ou non. Si vous prenez l’option d’y aller, plusieurs problématiques vont se présenter à vous :

*Le démarrage : risque d’avoir une roue arrière qui patine.

La solution : Démarrez en 2nde.

Pourquoi : Pour perdre un peu en puissance au démarrage et ainsi permettre à la roue d’accrocher un peu plus facilement.

Sur une partie glacée, vous risquez de glisser, donc il faut trouver de la neige fraîche quitte à se retrouver un peu dans le bas-côté. La neige fraîche permettra une meilleure adhérence. Attention si vous vous retrouvez dans l’herbe avec ses hauts et ses bas.

Cas particulier : Pour les Kawasaki qui sont les  seules machines équipées d’un système qui interdit le passage de la 2nde tant qu’on est arrêté, il suffit de faire patiner et de passer la 2ème.

 

*Dans les montées : Ne jamais s’arrêter tant que c’est possible.

On peut même parfois gravir des bonnes côtes sans pour autant se retrouver dans une situation difficile. Par contre, si on s’arrête en cours de montée, ça risque d’être plus compliqué pour repartir. Mais ça n’est pas impossible avec un peu de douceur sur l’embrayage afin de retrouver de la motricité.

 

*Dans les descentes : le risque est de prendre de la vitesse.

En roulant trop vite, vous risquez de vous retrouver en situation d’urgence. Jouez beaucoup avec l’embrayage pour garder le contrôle de l’allure et ne surtout pas utiliser le frein avant.

Pour éviter que la roue arrière de la machine « parte », un pied très délicat sur le frein arrière vous permettra de ralentir tout en gardant de l’adhérence. Eventuellement, utilisez un léger frein moteur. Les maitres mots seront : subtilité et délicatesse.

*L’arrêt : risque d’avoir la roue arrière qui bloque.

La solution : Anticipez votre arrêt et restez en 2nde.

Pourquoi : Pour éviter au frein moteur de la 1ère de venir rajouter de la puissance de freinage à votre action sur le frein arrière.

 

*La sortie d’une ornière : risque que la roue avant glisse au lieu de franchir l’ornière et vous mette par-terre.

La solution :

Sur de la neige molle ou de la « soupe », être assez franc sans être brutal sur une poussée du guidon assez perpendiculaire et en serrant bien les jambes.

Sur de la glace, il sera plus prudent d’effectuer cette manœuvre après s’être arrêté en positionnant la roue avant le plus perpendiculaire possible.

 

*Position / attitude physique :

Les jambes :

-Si vous êtes un peu confiant au niveau de votre rythme et de la route, vous avez intérêt à garder les jambes serrées. Si la moto part, vous aurez vite fait de vous en rendre compte et pourrez sortir les pieds en temps et en heure.

-Si vous êtes un peu réticent à garder les pieds sur les repose-pieds, vous pouvez les sortir près du sol en sachant que : si vous plantez la roue avant dans un nid de poule, elle aura tendance à vous échapper. Suivant la route que vous empruntez, il y aura risque ou pas.

Le buste :

-Suivant ce que vous privilégiez (direction ou motricité), vous pouvez modifier sa position (vers l’avant ou vers l’arrière).

Les bras :

-Évitez de vous cramponner au guidon.


Ne cherchez pas à monter les vitesses sous prétexte que vous vous sentez bien.


*Relever sa bécane après l’avoir couchée :

Pour la stabilité et ne pas se ruiner le dos, j’opte pour la position dos à la moto, jambes fléchies.


Dernier recours, prenant en compte que dans ces situations extrêmes (neige abondante) on évoluera aux alentours de  20km/h : n’hésitez pas à coucher la moto et ne cherchez pas à vous accrocher au risque de rester sous la machine.